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14.04.2008
To : Mr François Alquier
Mon Cher François,
Tu ne m’en voudras pas de ne pas t’appeler Mandor, mais dans l’intimité de notre correspondance, je préfère user ton prénom, qui sonne plus doux, un peu comme un vin aux raisins récoltés tardivement et dont l’évocation seule du cépage est la promesse d’un moment savoureux.
Savoureux, c’est le mot qui me vient quand je relis ton courrier, si brillamment rédigé. Brillant, il n’y a pas d’adjectif plus approprié, puisque des étincelles se sont allumées dans mes yeux alors que je te lisais. Des « pops » de bonbons pétillants, souvenir d’enfance alors que nous trempions nos doigts léchés dans le sachet en papier, afin que les paillettes sucrées s’y collent et terminent en cacophonie de grésillements dans l’habitacle avide de notre bouche. A peine sur la langue, ils explosaient, petits plaisirs gourmands aux saveurs fraise et orange et j’ai retrouvé cette même émotion tandis que je mangeais tes phrases.
Merci, François, de t’être plongé dans la cour de récréation made in Switzerland, d’avoir écouté les notes underground d’un groupe au top des charts (je sais que tu préfères découvrir les nouveaux talents de la chanson française et autres auteurs méritants, et en faire profiter tes fidèles lecteurs, dont je fais partie,) et d’avoir revêtu l’espace d’un instant un jeans troué et un tee-shirt noir griffé Metallica. Merci de ne pas avoir eu d’a priori sur un roman destiné en premier lieu à la jeunesse et surtout, merci de l’avoir aimé et de me le faire savoir. (Je t’accorde les « En plus, moi… » et je m’autorise dans la foulée l’utilisation excessive du verbe « avoir ». Finalement, c’est un courrier privé, on fait ce qu’on veut.)
J’ai cru saisir ta subtile et fine remarque sur La Piqûre, et je te promets de t’en faire parvenir un exemplaire dès sa sortie de presse, pressée et sous pression, la mère Buffat, de ton retour sur un roman aux antipodes de celui que tu viens de terminer… Mais souvent femme varie… et j’aime imaginer que ce sera l’occasion d’une nouvelle rencontre (avec ou sans chronique, peu importe, du moment où on pourra faire santé (mais pas des pieds, note d’humour à la vaudoise. Je sais, c’est moisi comme gag.)
Je reste, en toute définitiveté (je m’interdis de contredire un Lyonnais pure souche) fidèle à mes bons sentiments à ton égard et ne saurais tenir rigueur au journaliste professionnel que tu es de ne pas déroger aux règles fermes et sans appel qu’il a su se fixer.
Avec tout mon respect rock n’roll
20:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Commentaires
Hahaha
Ecrit par : Jo Ann v. en vadrouille | 14.04.2008
... et la réponse sur le même ton, avec toutes les connivences qu'il faut. Jolie preuve de talent épistolaire!
A bientôt... je retourne à mes trafics d'armes (voir mon blog...).
Ecrit par : Daniel Fattore | 14.04.2008
Je crois que nous nous sommes tout dit (sauf l'essentiel) dans cette conversation épistolaire confidentielle... la suite devra être poursuivie de visu.
Et dans pas trop longtemps, j'espère...
Sinon, sais-tu que je me délecte de ton écriture?
Miam!
(Tu le sais, je suis épicurien, alors, crois moi, je sais savourer.)
Ecrit par : mandor, président du fan club de Marie | 15.04.2008
François, Marie: je crois qu'il va falloir que je garde un oeil sur vous dorénavant, ça tombe bien, il m'en reste un! ;)) bizénormesàvousdeux!
Ecrit par : Kiki | 15.04.2008
@ Jo Ann : Salut la vadrouilleuse !
@ Daniel : attention, que ton message ne soit pas mal interprété ;-)
@ François : Kiki élabore une stratégie organisationnelle hyper complexe, mais qui devrait aboutir à quelque chose de très bien, comme toujours ! J'aurai, d'ici là, perdu, j'espère, le rouge qui vient de s'étaler sur mes joues ;-)
@ Kiki : eh, Moshe, tu veux que je t'amène un bandeau de pirate ? Deux yeux de couleur différente, c'est ton côté Bowie qui se manifeste ! Bizitou
Ecrit par : Marie | 15.04.2008
Beau oui comme Bowie, ça tombe bien pour quelqu'une qui a regardé une semaine durant les passages répétés et pleins de remous du Isabelle Adjani!
Ecrit par : Kiki | 15.04.2008
Faudrait pas que je m'absente plus longtemps... Je perds le pied et je me retrouve avec des morilles... et une correspondence velour douceur???
C'est sucré tout plein, chérie d'Amour!!!
Bizou
Ecrit par : yas | 15.04.2008
@ Kiki : c'est ton côté jet-set !
@ Yas : pied et velours, n'est ce pas là les maîtres mots des morilles ? Tu vois, tout se recoupe ;-) bises, mon habitée
Ecrit par : Marie | 15.04.2008
Ouais, c'est ça, jet-set mais j'y arrive pas!
Ecrit par : Kiki | 15.04.2008
Exact... Welcome back to me, d'ailleurs...
Je te reconnais bien dans l'art de la cueillette, hahahahhahaha... Les morilles, ma chérie, toute une art!!!!
J't'ème
Ecrit par : yas | 15.04.2008
@ Kiki : pas mal ! Tu devrais participer au concours lancé par Richard !
@ Yas : moi aussi !
Ecrit par : Marie | 16.04.2008




