09.04.2008
School Underworld dans le Daily Rock !
Quoi de plus génial, pour un groupe de métal comme School Underworld, que de figurer dans les pages du Daily Rock, le magazine de toute l'actualité brûlante du Rock en Romandie ?
Peut-être le mail que m'a adressé Rosa, rédatrice de l'article en question, et qui disait en substance ceci :
"J'ai eu beaucoup de plaisir et de fous rires, à la lecture de School Underworld, ma fille (14 ans ) l'a aussi beaucoup aimé."
Sans rire, j'avoue que d'avoir été lue et commentée par le Daily Rock est d'autant plus géant que je ne m'y attendais pas du tout. Si nombre de quotidiens ne répondent pas aux services de presse qu'on leur envoie, j'aurais pu comprendre qu'un journal spécialisé dans la musique Rock refuse de chroniquer un livre, de surcroît "jeunesse". Pour ça, et pour la qualité de leurs articles en général, merci et continuez à cultiver nos tympans !
20:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : daily rock, livre jeunesse, métal, groupe, rock
17.03.2008
Mérovée - Nicolas Jones-Gorlin

Pitch
Jean, jeune policier, accepte un poste au sein d’un commissariat de quartier à la réputation lourde pour échapper à l’autorité et à la mentalité étriquée de son père. Très vite, Jean va se trouver confronté à la violence des banlieues dites pauvres et à la haine raciale. Suite à un tabassage en règle, Jean va choisir d’intégrer une bande de pseudo-justiciers prêts à tuer. Lors d’une course-poursuite emmenée par le chef de cette meute de mercenaires, Jean pourchasse un malheureux témoin, Rachid, dans le but de l’éliminer. Une fois face au jeune arabe, anesthésié par une bouffée de désir incontrôlable, les nouvelles convictions de Jean s’effondrent et il se révèle incapable de tuer le fuyard.
Tandis que son affection pour Rachid augmente, enfle, s’impose, Jean se voit dans l’obligation de remettre en cause nombre des éléments qui composent son quotidien.
Les plus
Ce livre est tout simplement splendide. Nicolas Jones-Gorlin aborde la violence et la ségrégation sous différentes formes. Qu’elle soit physique, psychique, raciale, homophobe, etc., nul besoin d’être policier, étranger, homosexuel ou victime pour se sentir pris au piège des barreaux formés par une certaine société décrite et les esprits étriqués. Ces barreaux, ici représentés par le béton des cités, les règlements, les débordements de testostérone, etc.
Au milieu, l’histoire d’amour de Jean et Rachid s’apparente à la flamme fragile d’une bougie qui tenterait de survivre malgré un manque d’oxygène évident.
Nicolas Jones-Gorlin décrit l’amour et la violence sans trop de paillettes et plaquettes, le « la » bien accordé, d’une écriture sans fausses notes.
Les moins
Conclusion
A lire, bien sûr.
(Sauf si on ne jure que par les histoires bleu rose et le pays de Candy – là, il vaudrait mieux s’abstenir).
16:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : nicolas jones-gorlin, mérovée, éditions leo scheer, roman, livre, publication 2008
26.02.2008
Confidences à Allah - Saphia Azzeddine

Pitch :
Jbara, née dans les montagnes du Maghreb, s’occupe des chèvres, aide sa mère aux travaux domestiques et prie Allah comme il se doit. La vie de cette adolescente arabe, issue d’une famille de bergers incultes et pauvres, bascule le jour où son père découvre sa grossesse. Car Jbara, emprisonnée par l’ignorance de ses parents, cherche l’échappatoire, soigne le mal par le mâle. Perdre sa virginité hors mariage étant pêché, Jbara est aussitôt répudiée et chassée. Pour survivre, la jeune fille, attirée par le monde occidental, continue naïvement à proposer son corps en échange de faveurs ou d’argent, tout en exposant ses prières, ses reproches, ses réflexions à Allah.
Confidences à Allah (éditions Léo Scherr) est le récit brut d’un passage, le cheminement d'une jeune fille consciente d’être née au mauvais endroit.
Les plus :
Saphia Azzeddine parle le langage du corps. Au travers de son personnage principal, Jbara, c’est un monde rempli d’inconnues qui s’installe, qui s’immisce et laisse en bouche un goût râpeux, aigre. Avant de toucher l’esprit, les mots s’agrippent aux sens et l’on se surprend à excuser les décisions prises par la jeune femme, si choquantes fussent-elles pour qui bénéficie du confort occidental. Sans tomber dans la vulgarité gratuite, le récit se veut vrai, sans faux-semblants. Et ça fonctionne. Une fois la première gifle encaissée, la joue encore rouge de l’impact, on se laisse emporter par le courage instinctif de l’adolescente, prostituée malgré elle, déterminée à vivre, principalement victime d’une communauté soumise à l’interprétation de sa religion, dans laquelle l’instruction pour une femme n’est pas une option.
En plaçant dans les mains de Jbara quelques objets issus de nos habitudes de consommation, Saphia Azzeddine a su, de façon subtile, faire passer un message, augmentant le malaise certain que l’on peut ressentir à la lecture de Confidences à Allah.
Les moins :
La longueur, bien sûr, j’en aurais voulu plus, continuer à suivre le parcours de Jbara. Après la brutalité de la mise en condition, la fin qui laisse un peu sur sa faim.
J’ai regretté parfois l’utilisation de certains mots-termes qui juraient avec le discours de la jeune fille (elle ignore qu’on dit sperme, mais connaît le sens de la valeur ajoutée…), et me suis étonnée qu’elle ne fût pas plus souvent enceinte.
En bref :
Ce roman se lit d’une traite tellement il est prenant. Par des mots simples, vrais, se dévoile l’inacceptable, pour nous. Sans prendre de gants, Saphia Azzeddine plonge son lecteur dans les difficultés de vie pour une femme insoumise à l’imbécillité. Confidences à Allah est un vrai bon livre, de ceux qui savent provoquer l’émotion.
14:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : Saphia Azzeddine, lecture, critique, éditions Léo Scheer
19.02.2008
Interview en ligne

Monsieur Alain Valleur anime un blog dédié aux interviews et il m'a fait l'honneur de me questionner au sujet de La Piqûre.
Vous pouvez retrouver ici mes réponses, et pour qui ne connaît pas encore ce site, foncez-y, vous y découvrirez plein d'interviews d'auteurs, dessinateurs et artistes en tout genre.
Merci encore à Monsieur Valleur pour son intérêt.
23:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ui ne c
04.02.2008
Contravention, de Stéfan Coïc

Voilà un bon mois que j’ai terminé la lecture de Contravention, premier roman de l’auteur Stéfan Coïc. Depuis, je cherche la meilleure manière d’en parler, chose peu aisée car il s’agit là d’une histoire particulière, à plusieurs niveaux, qui joue sur différents registres, et très bien même.
Pitch :
Adermatt Bristol Mac Dermott n’a vraiment pas de chance. Issu d’une lignée d’aristocrates un peu beaucoup déjantés, il se retrouve du jour au lendemain abandonnée par sa femme, son père, son frère et responsable de son demi-frère de 8 ans. Ajoutez à cela un gros problème de vessie, mélangez le tout, et vous obtenez une histoire ahurissante, drôle et touchante.
Pour cet homme entretenu, dont les deux seules occupations se résument à aimer Gladys, l’épouse enfuie, et vouer une adoration sans limite à sa voiture, le choc est rude. S’ensuit toute une série d’événements afin de récupérer sa belle, ponctuée de contraventions dressées par son petit frère, comme autant de rappels à l’ordre sur ses dérapages moraux. Dérapages qui l’amènent à réfléchir sur sa vie, ses choix, ses besoins et les priorités qu’il souhaite accorder à tout ça.
Les plus :
Ce pauvre Adermatt, victime consentante d’une série d’enchaînements malheureux se laisse entraîner dans ce récit malgré lui, et nous avec. Stoïque devant les épreuves, il les accumule à défaut de les contrer, et y trouve même certains avantages, comme de nouveaux amis et, plus fort, le sens de l’amour dans toutes ses formes.
La manière dont l’auteur tisse les relations entre les différents protagonistes et la façon dont il s’attache à chacun, sans jugement, dans l’acceptation lucide, m’a beaucoup plu.
Certains passages m’ont émue, notamment ceux qui concernent les enfants, cette façon naturelle qu’il a de les comprendre, de les aimer. D’autres m’ont faite rire : je pense au notaire, aux trois lascars du bar, au problème pipi, etc.
D’autres encore m’ont échauffé l’esprit : les scènes chaudes sont particulièrement savoureuses.
Contravention est un livre qui se lit facilement. Il est divertissant, tout en étant touchant, bien écrit, délicieux comme un macaron fourré. Les personnages sont attachants, l’histoire est variée, et surtout, surtout, l’auteur a su décrire avec humour des scènes de vie qui n’avaient rien de drôle au départ.
Les moins :
Il n’y en a pas tant que ça, mais j’ai eu parfois un peu de peine à suivre le raisonnement du protagoniste dans tous ces jeux de ponctuation et parmi l’abondance des fils conducteurs dont certains, à mon sens, n’étaient pas indispensables.
Pour terminer, mais c’est très personnel, j’ai trouvé la fin un peu facile (pas dans le sens de l’écriture, au contraire, vraiment dans la réalité de l’histoire, genre emballé c’est pesé et on y va comme ça). Et j’aimerais bien savoir la marque de la voiture !
En bref :
Contravention, ou comment ne pas se prendre le chou même quand ça va mal, est un livre amusant, émouvant, tout sauf moralisateur. Un vrai moment de détente, mais qui soulève tout de même la réflexion, mine de rien.
D’une écriture fluide, légère, ce roman se dévore sans prise de tête et vous offre le plaisir d’une lecture agréable doublée d’une histoire originale et sympathique. A conseiller.
11:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
02.12.2007
Une histoire dans l'histoire
Masochisme ou libération, psychanalyse ou égocentrisme, chacun se plaît à débattre comme bon lui semble sur l’intérêt ou le besoin d’écrire. Je n’ai pas d’avis sur cela, tant j’aime à croire qu’il n’y a pas de vérité établie.
Je peine à me sentir concernée par ce débat. Je n’y trouve pas ma place. J’écris parce que ça me détend, comme d’autres jouent de la musique, peignent ou pratiquent un sport. S’échapper dans un monde imaginaire, revêtir l’espace d’un roman la peau d’un ou d’une autre, ressentir les émotions, et les partager comme on partage un repas, une amitié, une anecdote de vie.
Parfois, le jeu peut se retourner contre vous. La Piqûre n’est pas un bon exemple, car d’une part il s’agissait de mon premier long texte et d’autre part d’une sorte d’extrapolation d’événements succincts (bête à dire, pour un polar, hein ?). En bref, un mélange de rêves et de cauchemars (oui, j’ai des nuits agitées, et heureusement, je ne raconte pas tout !), et puis, je n’avais pas prévu la publication (espérer n'est pas prévoir, non ?). Un roman égoïste, en somme, puisque je l’ai d’abord écrit pour moi.
Pour School Underworld, au contraire, que j’ai écrit principalement pour mon fils, je l’ai vécu comme une grande récréation. Agréable sensation de retomber en enfance, j’ai adoré me retrouver dans la tête d’un garçon de dix ans et vivre cette aventure. J’ai ressenti une étrange complicité avec mon fils durant l’écriture de cette histoire trop terrible qui nous est arrivée, à mes potes et moi (ben oui, puisque j’avais dix ans). Etrange, car j’en arrivais à oublier les rappels à l’ordre, et à rire de ses bêtises avec lui (alors que normalement je gronde, et je ris quand il a le dos tourné). J’ai passé des heures à observer la troupe de bonshommes qui tournoient dans ma maison, piquant ça et là des expressions, des tics de langage, des anecdotes de classe et de foot. Je ne résiste pas à l'envie de vous montrer à quoi ressemblent mes trois complices :
J’avoue éprouver une tendresse particulière pour cet ouvrage, parenthèse récréative, qui m’a insufflé le goût d’écrire aussi pour les enfants.
Je dis aussi, parce que je ne m’imagine pas que. Parenthèse, car le début de mon manuscrit en cours m’a quant à lui quelque peu perturbée. J’aime décrire les sentiments au plus juste et dans ce dessein, je dois me mettre dans la peau du personnage, sinon je n’y arrive pas. Retranscrire cette émotion, donc la vivre, s’est révélé plus pénible que je ne l’avais imaginé. J’ai dû faire une pause. Un School Underworld plus tard, j’ai repris mon fichier, complètement requinquée. Et j'ai été surprise du plaisir et de la facilité avec laquelle j’ai replongé dans l’univers. Comme si rien n’avait bougé. Comme si le temps avait été suspendu.
21:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
30.10.2007
Hors-Jeu, de Bertrand Guillot

J’ai découvert le blog de Bertrand Guillot, as SecondFlore, il y a plus de deux ans, alors que son roman n’était encore qu’au stade de projet. Mais déjà j’étais à peu près sûre d’une chose : ce Monsieur savait manier les mots et retenir l’attention. Et il possédait un humour de grande qualité.
Bref, je n’ai jamais douté que si son manuscrit ressemblait à son blog, il trouverait sans peine un éditeur. Ce devait être le cas, donc, puisque les fidèles de son blog apprirent assez rapidement que M. PrixdeFlore allait être édité par Le Dilettante. Voilà pour l’entrée en matière.
Bien sûr, en lectrice assidue de ses notes, je me suis fait un devoir de commander son livre, en étant à peu près convaincue par avance que j’allais passer un bon moment.
Je n’ai pas été déçue.
Pitch :
Jean-Victor Assalti, jeune cadre plus que dynamique et dont les dents rayent le parquet fraîchement ciré, se voit licencié par mesure économique. La conjoncture étant ce qu’elle est, et sachant qu’il est toujours plus facile de trouver un emploi quand on est encore en poste, commence donc un gros passage à vide pour notre héros des temps modernes. Passage qu’il va essayer d’occuper par tous les moyens possibles, que ce soit par les jeux vidéos, le jeu de la séduction, celui de la compétition amicale, du casino, ou encore télévisé. Car en vérité, pour Jean-Victor, la vie se résume à un jeu auquel il n’est pas permis de perdre et dans lequel les dés peuvent être pipés. Il suffit juste de savoir comment les lancer.
La satyre est assez réussie, j’en ai connu des tout pareils, de Jean-Victor et autres Barnabé, Vincent, Caroline, etc. Les sentiments exprimés sonnent vrais et je n’ai eu aucune peine à plonger dans l’histoire et suivre Jean-Victor sur le chemin de sa rédemption. En plus, et ce n’est pas le moindre, ce livre est drôle, terriblement, drôle et touchant à la fois. L’écriture est limpide, agréable, j’ai eu beaucoup de peine à interrompre ma lecture une fois dedans. Seul un passage m’a échappé, que j’ai dû relire trois fois, mais bon, il était 5 heures du matin, donc…
Je trouve aussi, suite aux interrogations qu’avait l’auteur à ce sujet, que le titre a été extrêmement bien choisi. « Hors-Jeu », résume à la perfection cette histoire humaine.
En bref, j’ai vraiment apprécié ce premier roman de Bertrand Guillot. Bien écrit, prenant, plein d’humour, c’est le genre de livre que l’on s’offre lorsqu’on désire passer un bon moment. Sans hésitation.
07:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
23.10.2007
Une journée normale... ou presque !
Mardi 23 octobre, le thermomètre affiche -3° ce matin. On ressort les grattoirs et la journée débute par des engelures aux doigts, j'adore.

Les brumes d'automne enveloppent les travailleurs matinaux, pressés de quitter leur lit douillet pour embrasser le climat froid de nos contrées. Heureusement, c'est beau.
J'accuse un peu de fatigue, car au travail on ressent les premiers effets de l'approche de Noël, période propice aux affaires. Sinon, tout est normal. Jusqu'aux environs de midi, puisqu'à midi, je vais chez ma soeur, chez qui séjournent mes enfants, en vacances (au milieu, mon neveu) :
Ma soeur Anne-Valéry aime les perroquets, qui le lui rendent bien :

Camille-Sophie, ma nièce de 16 ans, profite de ses vacances pour se familiariser au port des escarpins qu'elle enfile sur ses grosses chaussettes, la classe

J'exige une photo de moi et mon Lulu, sans me méfier du jeune rebelle qui se plaît à me rendre chèvre :

Je suis guillerette de serrer contre moi mon adorable chérubin, car cette journée normale ne l'est pas tant que ça, puisqu'aujourd'hui, on imprime !
Et on imprime quoi, je vous le demande ? Mon premier ouvrage jeunesse, "School Underworld et les ondes maléfiques, dont voici la couverture, dessinée par Clod :
Voici les détails aux éditions MiC_MaC
Quand même, à chaque fois, ça me fait quelque chose...
Bonne journée à tous !>
13:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
05.10.2007
Quoi de neuf 2
C'est avec une joie non dissimulée que je suis heureuse de vous annoncer la prochaine sortie de mon premier ouvrage jeunesse aux éditions Mic-Mac.
Un projet qui me tenait particulièrement à coeur puisque, vous ne l'ignorez plus, je suis maman d'un jeune pré pubère, 11 ans depuis lundi, qui peine à trouver intérêt à la lecture. Ce livre fera partie intégrante de la nouvelle collection jeunesse lancée par mon éditeur, sur le thème de la peur. Je me suis beaucoup amusée à l'écriture de ce récit, relatant les aventures de trois garçons et d'une fille, aux prises avec des ondes maléfiques. Un roman mélangeant la crainte, l'intrigue, l'humour et puis l'amitié, bien entendu. Pari gagné, puisque mon fils, réfractaire à la lecture, l'a dévoré en un après-midi.
Je vous en parlerai plus en détails au moment voulu, mais j'avoue avoir une tendresse particulière pour cet ouvrage qui a été une vraie révélation pour moi et m'a insufflé l'envie et la motivation d'écrire pour cette tranche d'âge, en parallèle aux histoires complexes qui hantent mon esprit dispersé (pour ne pas dire dérangé). Ecrire ce livre a été comme savourer un bonbon acidulé entre deux bouffées de havane.
Je n'oublie par pour autant mon ouvrage en cours, mais j'avoue avoir une tendresse particulière pour ce livre en devenir, accessible, je le pense, autant aux jeunes lecteurs qu'à leurs parents.
À suivre, donc.
22:31 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
20.09.2007
Une pause contre une autre
Comme je vais me montrer moins présente pendant quelques jours, en raison d'un projet qui me tient particulièrement à coeur et dont j'espère avoir l'occasion de vous parler ultérieurement, je joue les flemmardes et vous offre un passage-pause d'un des mes écrits en cours. Brut de décoffrage, cela va de soit, avec petite coupure au milieu, histoire de déboutonner le chemisier sans dévoiler la poitrine.

Une fois la décision prise, il n’y avait plus grand-chose à faire. Rester assise dans l’herbe à profiter du temps qui passait, humer l’air chaud de l’été, écouter le bruit des insectes. L’anxiété me quittait peu à peu, aussitôt remplacée par un sentiment de déni total de la réalité. Plus rien ne m’importait hormis la nécessité de ne plus me torturer. D’aucuns auraient attribué cet état d’esprit à de la folie. Je me savais dépressive, la folie ne m’effrayait pas. Si la démence équivalait à se préoccuper de son bien-être plutôt que d’assumer la réalité d’une vie pathétique, je voulais bien enfiler la camisole de force dans l’heure. L’avantage, avec la dépression, c’est qu’on se fout de tout, même de soi. Se nourrir n’est plus une priorité, se laver encore moins, alors quel intérêt à paraître socialement convenable et sympathique ?
Mon éducation voulait qu’en toutes circonstances une femme devait se montrer digne, garder une image lisse et polie, ne pas étaler au grand jour ses faiblesses. Je n’avais que rarement trahi ce contrat moral parental. Le résultat se révélait bien peu reluisant. Sous mon sourire rip curlisé, j’étais malheureuse comme une pierre. Une pierre attachée à une plus grosse encore, perdue au fond d’un lac.
...
Je pris le droit de m’assoupir, laissant le soleil de ce début d’après-midi me lécher le visage. Il y avait si longtemps que je ne m’étais pas offert de vrai répit, de moments nus d’activités, d’instants à ne penser à rien. Je savourais cette inertie, sans programme, sans rendez-vous, sans dossier à boucler. Imaginez, quelques heures sans obligation, sans une pensée pour le ménage, le lave-vaisselle à vider, le linge à repasser, la voiture à emmener au garage, la copine à rappeler, le dîner à préparer. Rien. Toutes les préoccupations de la vie courante quittaient ma cervelle au profit d’une immense sérénité. Une sorte de yoga alternatif, Ôm, je débranchais les connections, vidais la mémoire de mon disque dur, mode survie. J’incarnais le Rambo des temps modernes, la vengeance en moins. Je n’en voulais pas à la terre, au contraire, je voulais la terre, je la désirais dans ma chair, dans mes sens, dans mes veines. Je brûlais de sentir mes pieds s’enfoncer au plus profond de cet alpage, rêvais de m’enraciner en lui et de grandir, grandir encore, jusqu’à toucher le ciel de mon branchage imaginaire, et le vent s’engouffrerait au travers de mon effeuillage virtuel, soufflant de toutes ses forces, éradiquant les derniers vestiges de mes souvenirs amers. Libre. Enfin.
18:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note








