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30.10.2007
Hors-Jeu, de Bertrand Guillot

J’ai découvert le blog de Bertrand Guillot, as SecondFlore, il y a plus de deux ans, alors que son roman n’était encore qu’au stade de projet. Mais déjà j’étais à peu près sûre d’une chose : ce Monsieur savait manier les mots et retenir l’attention. Et il possédait un humour de grande qualité.
Bref, je n’ai jamais douté que si son manuscrit ressemblait à son blog, il trouverait sans peine un éditeur. Ce devait être le cas, donc, puisque les fidèles de son blog apprirent assez rapidement que M. PrixdeFlore allait être édité par Le Dilettante. Voilà pour l’entrée en matière.
Bien sûr, en lectrice assidue de ses notes, je me suis fait un devoir de commander son livre, en étant à peu près convaincue par avance que j’allais passer un bon moment.
Je n’ai pas été déçue.
Pitch :
Jean-Victor Assalti, jeune cadre plus que dynamique et dont les dents rayent le parquet fraîchement ciré, se voit licencié par mesure économique. La conjoncture étant ce qu’elle est, et sachant qu’il est toujours plus facile de trouver un emploi quand on est encore en poste, commence donc un gros passage à vide pour notre héros des temps modernes. Passage qu’il va essayer d’occuper par tous les moyens possibles, que ce soit par les jeux vidéos, le jeu de la séduction, celui de la compétition amicale, du casino, ou encore télévisé. Car en vérité, pour Jean-Victor, la vie se résume à un jeu auquel il n’est pas permis de perdre et dans lequel les dés peuvent être pipés. Il suffit juste de savoir comment les lancer.
La satyre est assez réussie, j’en ai connu des tout pareils, de Jean-Victor et autres Barnabé, Vincent, Caroline, etc. Les sentiments exprimés sonnent vrais et je n’ai eu aucune peine à plonger dans l’histoire et suivre Jean-Victor sur le chemin de sa rédemption. En plus, et ce n’est pas le moindre, ce livre est drôle, terriblement, drôle et touchant à la fois. L’écriture est limpide, agréable, j’ai eu beaucoup de peine à interrompre ma lecture une fois dedans. Seul un passage m’a échappé, que j’ai dû relire trois fois, mais bon, il était 5 heures du matin, donc…
Je trouve aussi, suite aux interrogations qu’avait l’auteur à ce sujet, que le titre a été extrêmement bien choisi. « Hors-Jeu », résume à la perfection cette histoire humaine.
En bref, j’ai vraiment apprécié ce premier roman de Bertrand Guillot. Bien écrit, prenant, plein d’humour, c’est le genre de livre que l’on s’offre lorsqu’on désire passer un bon moment. Sans hésitation.
07:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
29.10.2007
Le Scribe - Trait d'union des Arts et des Lettres
Aujourd’hui je souhaite vous parler d’une association à laquelle j’ai adhéré il y a peu et que je suis fière de vous présenter. Il s’agit de l’association « Le Scribe - Trait d’union des Arts et des Lettres ».
Voici un article paru dans L’Objectif, bimensuel romand, qui vous en dira davantage :
Outre le concept plutôt sympa, à savoir chaque abonné devient membre à part entière de l’association et donc peut soumettre ses textes pour publication, il faut savoir que les 6 parutions annuelles des textes sont également envoyées, en plus des membres, aux maisons d’éditions, aux librairies, aux bibliothèques, etc.
Chaque membre peut proposer ses textes, ses photos, ..., et bénéficier d’un soutien ou d’une aide pour sa publication dans le Scribe.
J’ai devant moi le Scribe numéro 59 du mois de septembre 2007. A l’intérieur, différents textes, de la nouvelle au poème, du dialogue au bloc-notes culturel. Bien sûr, comme dans chaque revue, il y a des choses qui nous plaisent plus que d’autres, selon le mode d’expression que l’on préfère. Mais, et c’est là que ça devient intéressant, le rédacteur en chef Claude Seydoux veut innover, souhaite englober ses membres et fabriquer ensemble un nouveau Scribe, avec de nouvelles rubriques et ouvre donc son mail aux membres et à leurs idées. Champ libre au potentiel artistique !!! Enfin une revue sans discrimination, dont le seul impératif est d’être membre pour envoyer ses textes. Bon, bien sûr, les écrits doivent rester dans les limites de qualité et décence, évitez par exemple de soumettre un texte écrit pas votre fiston de quatre ans ou les mémoires d'une star du X (voilà une phrase qui risque de me faire péter le compteur des visites...). Mais sinon, Claude s’investit pour aider les auteurs qui en auraient besoin pour la « réécriture » ou la correction. En plus d’être une personne extrêmement talentueuse et érudite (j’en veux pour preuve son recueil de poésie qui est juste magnifique - en parlerai une autre fois), Claude met sa sympathie et son écoute au profit de cette association et de ses membres. Donc n’hésitez plus, et montez dans le bateau !
6 revues par an, y compris la livraison :
Prix pour la Suisse en CHF : 35.--
Prix pour la France en EUR : 28.--
Et pour plus de questions, n’hésitez pas à contacter Claude Seydoux :
lescribe.assoc@hotmail.com
Au plaisir de vous lire bientôt !
25.10.2007
La dernière chance

Les jours finissaient par tous se ressembler. Sans notion du temps, j’ignorais depuis quand je me trouvais exclu. Je gardais le souvenir de la tendresse d’Anne, ma précédente amie, ma seule famille connue, ainsi que celui de son départ. Le bonheur avait déserté mon corps alors que la vie abandonnait le sien. J’avais cessé de manger pendant quelques jours, me contentant de rester allongé à même le sol, appelant un répit à ma douleur. Mais on m’avait refusé ce droit. On avait appelé un praticien, puis on m’avait emmené dans cet endroit peuplé de congénères. Dans les yeux des résidants, je reconnaissais ma propre détresse. Seuls, chacun une autre histoire, plus triste que celle de son voisin. Nous attendions, végétatifs, le coup du destin. La rencontre ou le départ, parfois précipité. Au cœur de la nuit s’élevaient des plaintes, des déchirements qui nous ramenaient à la dure réalité du lieu. Le jour, l’espoir renaissait, grâce aux visites. Tous savaient que d’elles découlait la seule chance de s’en sortir. Dès l’ouverture, chacun se mettait en verve. Il fallait les voir, les beaux, à se pavaner, à prendre leurs airs, cherchant de quelle façon attirer l’attention sur eux. Certains bénéficiaient d’avantages sur les autres. De meilleure stature ou condition, nous les nommions les « bien-nés ». D’autres, à mon image, ne jouissaient d’aucune fortune. Leur seul atout résidait en leur formidable caractère, palliant au défaut de charme. Malgré de vénérables qualités, dans une rencontre de quelques secondes, l’allure prévalait la gentillesse ou la fidélité. Il arrivait ponctuellement que ces vantards, choisis pour leur prestance, nous reviennent après quelques jours seulement en raison d’une attitude préjudiciable. Alors le personnel soignant s’occupait d’eux, instaurait une thérapie, essayait d’éradiquer le problème, et ils réintégraient nos rangs. Ils n’y restaient jamais longtemps avant d’être à nouveau sélectionnés. Cependant, ceux que nous retrouvions trop souvent étaient guidés ailleurs, et la mine dépitée des soigneurs n’augurait rien de bon. J’en avais déduis que mes yeux globuleux et ma cachexie me servaient plus qu’on ne pouvait l’imaginer. Je commençais même à plaindre mes compagnons d’infortune lorsqu’enfin ils quittaient l’établissement, de crainte à ce qu’on les y reconduise.
Jusqu’à ce jour.
Un jour normal, composé de va et viens incessants, de bruits de pas, de portes, de grilles, de cris de joies, de colère, de plaintes. Un jour banal, sans soleil et sans pluie. Un de ces jours dont on ne se souvient plus de l’odeur. Sans semences, sans moissons, sans grillades et sans neige, un jour sans saison.
Résigné, je contemplais d’un œil absent mes semblables, sans prêter garde aux pas qui s’approchaient. Ceux-là ne continuèrent pas plus loin, comme à l’habitude. Le claquement des semelles stoppa à ma hauteur, et je levai les yeux avec surprise, pour voir à quel intrépide elles appartenaient. Dès que mon regard rencontra le sien, je sus que c’était elle. Il émanait de son être tout entier quelque chose de doux, de chaud, et puis comme un flot d’amour contenu qui ne demandait qu’à se déverser. Mes narines s’emplirent de son parfum aux fragrances de fleurs printanières mélangées d’agrumes, dominant des arômes de savon, de pomme acidulée, d’humus. Sa peau, quant à elle, exhalait un léger fumet de transpiration sucrée-salée dans laquelle je reconnus un plat asiatique qu’il m’avait été donné de goûter à une autre époque, du temps où j’étais heureux. Elle tendit la main vers moi et j’acceptai sa caresse. Ses doigts aux ongles courts s’enfoncèrent derrière mon oreille, pétrissant ma peau, remontant sur mon crâne. J’abandonnai tout le poids de ma tête contre sa paume, clignant des paupières, appréciant chaque seconde de cette tendresse inopinée que je pensais perdue à jamais. Nous nous observâmes un instant, en silence. Après quoi elle sourit, m’asséna une tape amicale et tourna les talons en direction de la sortie. Encore embrumé par le sentiment de bien-être qu’elle avait instillé en moi, je mis quelques secondes à réagir. C’était elle, de toute évidence. Si elle ne s’en était pas rendu compte, nous risquions de nous perdre, je ne pouvais m’y résoudre. Je me levai d’un bond et me mis à courir vers elle afin de lui bloquer l’accès. Elle s’écarta de peur, d’abord surprise par mon élan. Je lui entravai le passage et tout en baissant la tête en signe de docilité, je la forçai à lire dans mes yeux. « Regarde-moi », disaient-ils, « Je ne suis ni beau, ni grand, sans doute même me trouves-tu un peu négligé. Ne t’y trompe pas : ma fidélité saura compenser mes tares. Aussi, avec un peu d’effort et ton aide, je me montrerai présentable. Ma force, je l’admets, est proportionnelle à ma taille et sûrement existe-t-il ici d’autres qui pourraient t’offrir meilleure sécurité. Pourtant, mon courage est sans faille et mon cœur valeureux. Je n’hésiterai nullement à mettre ma vie en péril pour préserver la tienne. J’avoue ne plus posséder la même vigueur que dans ma prime jeunesse et le manque d’appétit m’a rendu peu appétissant. Toutefois les épreuves m’ont appris la persévérance et la patience. Je saurai être un ami intègre, reconnaissant, présent. Un ami sans jugement, ma confiance sera aveugle. Donne-nous la chance de nous appartenir. »
Elle sembla hésiter quelque peu, puis me caressa une dernière fois l’épaule avant de refermer la porte sur ma solitude.
Je tentai de la suivre seulement je m’écrasai le museau contre le grillage. Je grattai le fer d’une patte, rapidement rejointe par l’autre, et la voix me revint. Minuscule glapissement, suivi d’un aboiement timide. J’insistai, plus fort. Elle ralentit son pas. Alors je criai, série de jappements rapprochés. Elle avança encore, augmentant la distance entre nous. J’ai cru la perdre. Mon appel se mua en hurlement, long et douloureux, le même qui avait accompagné le dernier souffle d’Anne. Je hurlai de toute la puissance de mes vieux poumons, laissant libre cours à ma souffrance. Elle se retourna enfin et je vis. Sa figure rougie par les larmes, ses yeux rieurs, ses lèvres retroussées en demi-lune sur l’émail de ses dents. Elle aussi avait compris.
07:10 Publié dans En passant | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
23.10.2007
Une journée normale... ou presque !
Mardi 23 octobre, le thermomètre affiche -3° ce matin. On ressort les grattoirs et la journée débute par des engelures aux doigts, j'adore.

Les brumes d'automne enveloppent les travailleurs matinaux, pressés de quitter leur lit douillet pour embrasser le climat froid de nos contrées. Heureusement, c'est beau.
J'accuse un peu de fatigue, car au travail on ressent les premiers effets de l'approche de Noël, période propice aux affaires. Sinon, tout est normal. Jusqu'aux environs de midi, puisqu'à midi, je vais chez ma soeur, chez qui séjournent mes enfants, en vacances (au milieu, mon neveu) :
Ma soeur Anne-Valéry aime les perroquets, qui le lui rendent bien :

Camille-Sophie, ma nièce de 16 ans, profite de ses vacances pour se familiariser au port des escarpins qu'elle enfile sur ses grosses chaussettes, la classe

J'exige une photo de moi et mon Lulu, sans me méfier du jeune rebelle qui se plaît à me rendre chèvre :

Je suis guillerette de serrer contre moi mon adorable chérubin, car cette journée normale ne l'est pas tant que ça, puisqu'aujourd'hui, on imprime !
Et on imprime quoi, je vous le demande ? Mon premier ouvrage jeunesse, "School Underworld et les ondes maléfiques, dont voici la couverture, dessinée par Clod :
Voici les détails aux éditions MiC_MaC
Quand même, à chaque fois, ça me fait quelque chose...
Bonne journée à tous !>
13:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
19.10.2007
De l'autre côté
Passe la barrière, laisse les chaussures s’enliser dans la boue, n’essaye pas de les y retirer. De l’autre côté, l’herbe est grasse, tes pieds nus s’y sentiront bien.
Viens.
N’aie pas peur.
Le rouge n’est pas oppressant. Le rouge est la couleur des gens. Rouge comme un organe. Vital. Rouge comme les yeux qui savent aimer. Rouge comme tes lèvres, coussin sur lequel j’aime tant me reposer. Rouge comme tes joues, la première fois que je t’ai embrassé. Rouge comme la colère, manque de force, je n’arriverai pas à te porter. Rouge comme le feu, purificateur, réduit en cendres les tourments, les rancœurs. Rouge comme le sang, qui coule encore dans tes veines et te garde vivant.
Viens.
Vas-y.
Saute.
Pas besoin d’élan. La volonté suffit. Vouloir y arriver. Je te parle d’un endroit où les arbres s’élèvent, grandissent, regardent vers le haut. Un endroit clair et chatoyant, de l’espace, de l’air.
Pas si loin, regarde, derrière la barrière.
Saute.
Ne touche pas le sol. Il est gluant, collant. Il bouillonne sous les cris, soupe de larmes, aromatisée aux soucis. La douleur n’existe que si tu l’alimentes. Observe les signes.
Saute.
Pas si loin, je t’attends.
Toile de Pascal Evans.
12:55 Publié dans En passant | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
17.10.2007
Surpr(aïe)ze !

C’est avec une (bonne) surprise que j’ai découvert hier sur le blog de Benoît Luciani une note qui parlait de « La Piqûre ». J’avoue, ça m’a fait plaisir, j’ai trouvé la démarche plutôt sympathique et l’en remercie.
Par curiosité, j’ai cliqué sur le lien de La Piqûre et suis tombée sur le site Amazon qui propose l’ouvrage à la vente. Bang, baffe. Ci-gît la plus mauvaise critique qu’il m’ait été donnée de lire, ou d’entendre, sur le roman. Bon. Ma foi, on ne peut pas faire l’unanimité et je suis d’avis que toute critique a son aspect positif, partant du principe qu’elle nous fait grandir. Ce n’est pas tant le fait que cette personne n’ait pas apprécié la lecture du roman qui me déplaît, chacun ses goûts et je les respecte, mais plutôt le sentiment désagréable que cette attaque ne soit pas dirigée directement envers le livre, mais plutôt envers l’auteure. Je ne sais pas, un sentiment, comme ça. Peut-être parce que la critique est gratuite et ne repose sur rien, impression de non lecture. Peut-être parce que la date de la note est liée à mon anniversaire, et qu’on aura voulu m’offrir un gentil petit cadeau ? Peut-être parce que ça m’embête juste et que ce n’est pas très agréable.
Mais la vérité est ailleurs, ce qui me dérange tient plutôt du fait que sur l’ensemble des critiques postées au travers de sites tels que la Fnac.com
Adventice.com, et toutes celles plus détaillées que j’ai pu lire au travers des différents blogs qui m’ont fait l’honneur d’une lecture (liens à gauche), ce soit justement celle-là, cette unique, qui reste en évidence. Celle-là même qui, de tous les commentaires écrits, soit la seule qui donne le sentiment de ne pas être basée sur une lecture. J’en profite donc pour remercier ceux qui ont pris la peine de se forger une opinion propre et tous les commentateurs qui se sont fendus de critiques constructives et basées sur une appréciation d’origine neutre, comme mon pays, qui ne se résume pas au secret bancaire et au chocolat ;-).
12:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
16.10.2007
Chère Amie

Chère Amie,
Tant d’années se sont écoulées depuis le jour de notre première rencontre, ce jour inoubliable où vous m’étiez apparue, traçant dans mon cœur l’empreinte de votre frais visage, alors que vous n’étiez encore qu’une fillette aux joues pleines, à l’œil éveillé, aux cheveux longs et lisses. Votre main glissée dans celle de votre mère, vous attendiez près du marchand la friandise promise. Si merveilleuse, si aérienne dans votre robe blanche brodée. J’avais tenté de vous parler, timide enfant encrassé, ébauchant une phrase maladroite. Vous aviez tourné la tête vers moi, et, tout en serrant entre vos petits bras les jambes maternelles, vous m’aviez alors jeté un regard, glacé.
Plus tard, de bien des années, j’eus la joie de vous revoir, à l’occasion d’un bal de campagne. Vous, rieuse, moqueuse, entourée de muants soupirants. Les rondeurs enfantines s’étaient envolées, remplacées par de belles courbes, souples, fermes. Si délicieuse adolescente, si attirante dans votre bustier lacé. J’avais osé, audacieux jeune homme, vous proposer mon bras, le temps d’une danse, le temps d’un air d’accordéon. Vous m’aviez alors sifflé une phrase, glacée.
La vie s’amuse à vous surprendre parfois, ce fût le cas lorsque je me retrouvai pour la troisième fois face à votre fine silhouette, lors d’une vente de charité. Bien des printemps avaient fleuri et de petites ridules, cachées sous la poudre de riz, trahissaient les soucis qui ne vous avaient sans doute pas épargnée. Si valeureuse dame, si élégante dans votre fourreau de soie. J’avais désiré, monsieur respectable, vous offrir mon affection. Vous m’aviez alors asséné une estocade, glacée.
Et puis le temps a filé, ma route s’est éloignée de la vôtre, les automnes ont succédé aux étés, pour me découvrir à l’aube de l’hiver. Sous les flocons étoilés, j’ai cru vous apercevoir, épaules voûtées, chevelure grisonnante s’échappant d’une coiffe de laine. J’ai couru pour vous rattraper, ma canne prise sous le bras. Vous n’alliez plus m’échapper. Le sol était glissant et la semelle de mon soulier lisse. Le bois de mon appui a cédé. Je me suis accroché, vieillard malhabile, aux pans de votre lourd manteau. Le poids de mon corps vous a fait chuter. Vous m’avez alors donné votre dernier souffle, glacé.
20:05 Publié dans En passant | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
10.10.2007
Folle

Quand je serai folle, je parlerai fort, à des gens inconnus, au milieu de la rue. Je chanterai des chansons, aux airs improbables, aux paroles insensées, mélodies surannées des saisons aimables trop vite enterrées.
Quand je serai cinglée, je danserai sans raison, à pied nus, en chaussons, en levant les bras aux nues, pétales maigrichons, corolle chevelue, fleur, tourne tourne autour de moi !
Quand je serai dérangée, je mangerai sans complexe, calories, chocolat, fromage, frites-coca, je mettrai à l’index les index glycémiques et procéderai au gavage de mon estomac.
Quand je serai à l’Ouest, j’embrasserai sur la bouche, les lèvres pulpeuses et rondes, escarmouches de langues, des jolis garçons aux yeux plein de rêves, alanguis et heureux de la belle occasion.
Quand je serai zinzin, je prendrai des billets pour des voyages lointains, en avion ou en train, sans bagages ni destination, sans savoir où je me réveillerai le lendemain.
Quand je serai démente, je ne mentirai plus et crierai sur les toits, mes peines et mes joies, âme perdue retrouvant la foi, aux sourds qui m’entourent je lancerai mon désarroi de vivre une vie emplie de gêne, de principes, de « Il ne faut pas », car
Quand je serai perdue, j’arrêterai de chanter, j’arrêterai de danser, dans les commerces ou dans les villes, à cause du regard hostile, d’une demoiselle outrée ou celui d’un monsieur, qui déjà ne se rappellent plus du temps, il n’y a pas si longtemps, moins quelques années, les genoux écorchés, cette ère révolue de l’enfance insouciante.
00:35 Publié dans En passant | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
05.10.2007
Quoi de neuf 2
C'est avec une joie non dissimulée que je suis heureuse de vous annoncer la prochaine sortie de mon premier ouvrage jeunesse aux éditions Mic-Mac.
Un projet qui me tenait particulièrement à coeur puisque, vous ne l'ignorez plus, je suis maman d'un jeune pré pubère, 11 ans depuis lundi, qui peine à trouver intérêt à la lecture. Ce livre fera partie intégrante de la nouvelle collection jeunesse lancée par mon éditeur, sur le thème de la peur. Je me suis beaucoup amusée à l'écriture de ce récit, relatant les aventures de trois garçons et d'une fille, aux prises avec des ondes maléfiques. Un roman mélangeant la crainte, l'intrigue, l'humour et puis l'amitié, bien entendu. Pari gagné, puisque mon fils, réfractaire à la lecture, l'a dévoré en un après-midi.
Je vous en parlerai plus en détails au moment voulu, mais j'avoue avoir une tendresse particulière pour cet ouvrage qui a été une vraie révélation pour moi et m'a insufflé l'envie et la motivation d'écrire pour cette tranche d'âge, en parallèle aux histoires complexes qui hantent mon esprit dispersé (pour ne pas dire dérangé). Ecrire ce livre a été comme savourer un bonbon acidulé entre deux bouffées de havane.
Je n'oublie par pour autant mon ouvrage en cours, mais j'avoue avoir une tendresse particulière pour ce livre en devenir, accessible, je le pense, autant aux jeunes lecteurs qu'à leurs parents.
À suivre, donc.
22:31 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
04.10.2007
Quoi de neuf ?
Voilà, voilà, le temps a passé plus vite que prévu, j’arrive au terme de mon projet et je suis très contente. J’en parlerai plus en détail dès que je le pourrai.
Sinon j’ai vécu quelques journées intéressantes, certaines mouvementées, d’autres amusantes, des moments d’émotion aussi.
En vrac, je voudrais souhaiter la bienvenue dans ce monde à Bryan, trogne de pomme, né il y a deux mois à peine. Je me réjouis de lui raconter plus tard deux-trois anecdotes sur sa maman, je sens qu’on va bien rigoler ! Allez, Ermelinda, tu me fais confiance, non ? Non ! Bon, d’accord. Même pas le jour de ton mariage, quand on allait se planquer dans les toilettes avec ta robe qui prenait toute la place ? Ou la fois où tu as essayé de nous perdre dans la forêt ? Celle où on s’est vraiment perdu alors, lorsque j’ai dû courir derrière un tracteur pour qu’il nous ramène à bon port ? Ton affection pour les vaches en stabulation libre ? Pff, même pas drôle… Bon, je me contenterai de lui dire quelle chance il a d’avoir une maman telle que toi, et combien je suis heureuse pour vous trois.
Séquence émotion toujours, à un niveau moindre, tout de même, Nathan a le bonheur de vous annoncer la naissance de deux phasmes, frais éclos. Il n’a pas encore tout compris du genre animal, puisqu’il reste convaincu que le phasme adulte allaite ses petits, mais c’est en bonne voie.
Ludovic, lui, continue ses aventures amoureuses, et les lettres affluent toujours dans notre courrier, sauf que je n’ai plus le droit de les lire… Heureusement, un de ses copains nous a cafté le nom de sa copine, mais j’ai promis de n’en parler à personne, et comme chacun le sait, je suis une tombe…. Gros éclat de rire quand même, lorsque son père lui a demandé si sa copine était bien la fille qui joue dans son équipe de foot, puisqu’elle porte le même prénom que l’officielle, sur quoi le jeune révolté répond : « Mais enfin, papa, je ne peux pas sortir avec elle, c’est une amie d’enfance ! » Ben voyons. En même temps, c’est vrai qu’il a fêté ses 11 ans lundi !
Puis les fiançailles de Sandra et Pierre-Alain, j’suis témoin, j’suis témoin !
Ah, et intense et pur moment de bonheur villageois vécu ce jour au travers de la feuille d’avis local, dans lequel un de mes concitoyens en avertissait d’autres que si son véhicule était parqué devant chez lui en journée, c’était en raison de vacances et non à cause d’un licenciement ou de problèmes de santé ! Qu’on se le dise ! Non mais !
Sinon, quoi de neuf chez vous ?
14:05 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note








